Du droit à la photographie, un parcours redessiné par la passion

Louvensky Charlemagne a débuté dans la photographie après avoir été contraint d’abandonner ses études de droit en raison de l’insécurité qui sévit dans le pays. Ce changement de trajectoire l’a progressivement rapproché d’un univers qui faisait déjà partie de son environnement familial.

Le photographe Louvensky Charlemagne pose devant ses œuvres lors du festival Imayiti Foto.

Pourtant, la photographie ne s’est pas imposée en un instant. Son oncle était photographe et, plus jeune, les appareils et les images faisaient déjà partie de son quotidien, sans qu’il en mesure réellement l’importance. C’est avec le temps qu’il découvre la capacité d’une photographie à conserver la trace d’un lieu, d’une personne ou d’un moment.

« Je ne peux donc pas parler d’un déclic précis. C’est venu petit à petit. Plus je photographiais, plus je comprenais que la photographie était devenue quelque chose que je voulais vraiment poursuivre »

confie-t-il.

Sa formation au Centre d’Art, ainsi que son expérience avec le collectif Zantray, lui permettent ensuite de développer sa pratique et d’affiner son approche.

Paysages, mer, culture et scènes de la vie quotidienne constituent aujourd’hui une grande partie de son univers. Louvensky Charlemagne s’intéresse particulièrement aux détails que l’on finit parfois par ne plus remarquer.

Pour lui, une photographie n’a pas nécessairement besoin de tout dire. « J’aime laisser une part d’interprétation à celui qui la regarde », explique-t-il.

Pour lui, une photographie n’a pas nécessairement besoin de tout dire.

Le terrain a également contribué à façonner sa manière de travailler. En photographiant des événements culturels, il apprend la patience et l’importance d’être attentif à ce qui se passe autour de lui.

« Il ne fallait pas toujours chercher à fabriquer l’image : parfois, il faut simplement être présent et attendre. »

Louvensky Charlemagne.

Parmi les projets qui ont marqué son parcours figure sa série sur le Carnaval des Damnés, réalisée à Jacmel lors de la première édition de Festi Foto. Au-delà des costumes et du spectacle, il s’est intéressé aux préparatifs, aux regards et aux moments qui se déroulent en marge des scènes.

Aujourd’hui, il poursuit le développement de deux projets récemment exposés dans le festival Imayiti Foto : « Le gardien des absences » et « Chapeau du soleil vivant ».

Le premier s’intéresse aux pratiques et aux éléments de la culture haïtienne qui deviennent de moins en moins visibles. Le second met en lumière une autre facette du pays : ses paysages, sa mer, sa lumière et une vie qui continue malgré les difficultés.

CLZ Photography pose avec l’une des admiratrices de ses œuvres.

« L’un regarde ce qui risque de disparaître, l’autre ce qui est encore là et qui mérite d’être préservé »

résume le photographe.

À travers ses projets, Louvensky Charlemagne souhaite continuer à expérimenter et à explorer de nouvelles manières de raconter Haïti, sans perdre cette attention portée aux choses simples qui a marqué ses débuts.

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