Coupe du monde : cap sur 2030, 2034… et déjà à l’horizon 2046

La Coupe du monde 2026 à peine refermée, la planète football regarde déjà vers demain. La FIFA a levé le voile sur les deux prochaines éditions, dessinant une nouvelle géographie du football mondial. Entre célébration du centenaire, ambitions géopolitiques et mégaprojets, les Coupes du monde à venir promettent d’être aussi historiques que spectaculaires.

Cent ans après le premier Mondial organisé en Uruguay, la FIFA a imaginé une édition anniversaire totalement inédite.

Pour la première fois de son histoire, la compétition réunira trois continents et six pays. Le cœur du tournoi sera partagé entre l’Espagne, le Portugal et le Maroc, qui accueilleront l’essentiel des 104 rencontres, tandis que l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay organiseront chacun un match dans le cadre des célébrations du centenaire.

Le symbole sera particulièrement fort : Montevideo et son mythique stade Centenario accueilleront la cérémonie de célébration du centenaire ainsi que le match de l’Uruguay, en hommage au lieu où tout a commencé en 1930. Ces rencontres sud-américaines auront lieu quelques jours avant les matchs d’ouverture officiels, qui se dérouleront en Espagne, au Portugal et au Maroc.

Après cette parenthèse historique en Amérique du Sud, le tournoi prendra donc son véritable envol vers l’Europe et l’Afrique, où se disputera l’immense majorité de la compétition jusqu’à la finale.

Pour le Maroc, cette Coupe du monde représente l’aboutissement d’un rêve poursuivi pendant plusieurs décennies. Après plusieurs candidatures infructueuses, le royaume devient enfin coorganisateur du plus grand événement sportif de la planète.

L’objectif dépasse largement le football. Le pays investit massivement dans les infrastructures : ferroviaire, routière, aéroportuaire, urbaine et sportive. Selon la Banque mondiale, plus de 190 milliards de dirhams doivent être consacrés à l’expansion des infrastructures liées, directement ou indirectement, à cette dynamique, dans un contexte où les investissements sont également confrontés aux risques récurrents de sécheresse et de stress hydrique.

Le joyau du projet sera le Grand Stade Hassan II, près de Casablanca. Avec une capacité prévue de 115 000 places, il pourrait devenir le plus grand stade de football au monde. Le Maroc le présente comme un candidat majeur pour accueillir la finale, mais aucune décision définitive de la FIFA n’avait encore été officialisée en octobre 2026. L’Espagne défend de son côté une finale au Santiago Bernabéu ou au Spotify Camp Nou.

Mais ce gigantesque chantier ne fait pas l’unanimité. Les débats portent notamment sur le coût des investissements publics, les priorités sociales et les défis environnementaux, en particulier la question de l’eau. Comme souvent avec une Coupe du monde, le véritable héritage se mesurera bien après le dernier coup de sifflet.

Pour l’Espagne, qui avait accueilli le Mondial en 1982, cette nouvelle édition constituera une occasion unique de remettre en valeur des enceintes mythiques comme le Santiago Bernabéu et le Spotify Camp Nou.

Le Portugal, lui, retrouvera la lumière vingt-six ans après l’Euro 2004 et s’appuiera notamment sur Lisbonne et Porto pour accueillir plusieurs affiches prestigieuses.

Au-delà du prestige sportif, les deux pays chercheront également à démontrer leur capacité à organiser un événement mondial à la hauteur des ambitions de la FIFA.

Après le Qatar en 2022, le football mondial retournera au Moyen-Orient.

L’Arabie saoudite organisera seule la Coupe du monde 2034 après avoir été l’unique candidature en lice. Le royaume poursuit ainsi sa stratégie visant à devenir un acteur incontournable du sport mondial, après avoir attiré de nombreuses stars dans son championnat et investi massivement dans plusieurs disciplines. La FIFA a officiellement attribué l’organisation du tournoi à l’Arabie saoudite le 11 décembre 2024.

Le dossier saoudien repose sur cinq villes hôtes : Riyad, Djeddah, Al Khobar, Abha et NEOM, avec quinze stades proposés. Cependant, le projet a déjà évolué : en octobre 2026, Reuters a rapporté que le projet de stade de NEOM avait été mis en suspens pour une durée indéterminée.

La question du calendrier reste également ouverte. La FIFA n’a pas encore officiellement arrêté les dates de la compétition. Compte tenu des fortes températures estivales du pays, un déroulement durant les mois plus frais paraît probable, mais aucun calendrier définitif ne peut encore être présenté comme acquis.

Cette désignation continue également d’alimenter les critiques d’organisations de défense des droits humains. Amnesty International et Human Rights Watch ont notamment alerté sur les risques liés aux conditions de travail des travailleurs migrants, à la liberté d’expression et aux garanties en matière de droits humains.

Pour les éditions postérieures à 2034, la prudence est de mise. La FIFA n’a pas encore officiellement ouvert les candidatures pour 2038, 2042 ou 2046 et aucun pays n’a donc été désigné.

Le principe de rotation entre confédérations a joué un rôle déterminant dans l’attribution des éditions 2026, 2030 et 2034. Pour cette séquence, la FIFA a ouvert la compétition à la CONCACAF en 2026, puis aux confédérations africaine, sud-américaine et européenne pour 2030, avant de réserver le processus de 2034 aux membres de l’AFC et de l’OFC.

Cela permet d’imaginer plusieurs scénarios pour 2038, 2042 et au-delà, mais aucune répartition officielle n’est aujourd’hui arrêtée. Les noms de certains pays peuvent déjà circuler dans les milieux sportifs et politiques, mais il serait prématuré de parler de candidatures définitives.

L’objectif affiché par la FIFA est de mieux répartir l’organisation de sa compétition phare entre les différentes confédérations et d’offrir à chacune des régions du monde la possibilité d’accueillir le tournoi sur un cycle donné.

Pour 2030, la situation est exceptionnelle : l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud sont toutes associées à l’événement à travers l’Espagne, le Portugal, le Maroc, l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay. Pour 2034, la procédure a ensuite été ouverte aux membres de l’AFC et de l’OFC, ce qui a conduit à la candidature puis à la désignation de l’Arabie saoudite.

Il ne faut toutefois pas transformer ce mécanisme en calendrier automatique pour 2038 ou 2042 : la FIFA devra encore définir les règles et ouvrir les procédures correspondantes.

AnnéePays organisateurs
2026États-Unis, Canada, Mexique
2030Espagne, Portugal, Maroc, avec un match du centenaire en Uruguay, en Argentine et au Paraguay
2034Arabie saoudite
2038À déterminer
2042À déterminer
2046À déterminer

Longtemps concentrée en Europe et en Amérique du Sud, la Coupe du monde est devenue un formidable outil d’influence mondiale. Chaque édition raconte désormais autant une histoire de football qu’une histoire de puissance, de diplomatie, d’investissement et de développement.

Du Centenario de Montevideo aux projets futuristes de l’Arabie saoudite, des boulevards de Madrid aux grands chantiers de Casablanca, les prochains Mondiaux illustrent une évidence : le football n’est plus seulement un sport. Il est devenu l’un des langages universels les plus puissants du XXIᵉ siècle.

D’ici 2030, pour nous, les fans, une seule certitude demeure : Lionel Messi aura peut-être trouvé une nouvelle bonne raison de prolonger encore l’aventure, histoire de tenter l’impossible après avoir déjà marqué l’histoire des Mondiaux ; Cristiano Ronaldo pourrait bien annoncer un nouveau retour, simplement parce que son ego refuserait de regarder le tournoi depuis son canapé ; le Brésil continuera de poursuivre le fantôme de son « jogo bonito » ; et le général Kylian Mbappé mènera peut-être encore les Bleus au combat.

Une Coupe du monde change de pays tous les quatre ans… mais certaines traditions, elles, semblent éternelles.

Vive le football !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Partager la publication :

Articles Similaires

Articles Similaires

Inscrivez-vous à notre newsletter