Baccalauréat 2026 : quand la grève oublie les élèves

Le lundi 23 juillet 2026, marquait le premier jour des examens officiels du baccalauréat en Haïti. Pourtant, au même moment, une journée de grève des transports paralysait plusieurs axes de la région métropolitaine, notamment le centre-ville de Port-au-Prince, Delmas et Pétion-Ville.

Des milliers d’élèves se sont réveillés avec un seul objectif : rejoindre leur centre d’examen. Mais ils ont rapidement constaté que la circulation était quasiment à l’arrêt. Les chauffeurs suivaient un mot d’ordre de grève. La conséquence a été immédiate : l’accès aux centres d’examen est devenu un véritable parcours du combattant.

Deux élèves en route vers leur centre d’examen.

Il ne s’agit pas ici de remettre en cause le droit de grève. Dans la situation actuelle du pays, nombreux sont ceux qui estiment que les raisons de protester ne manquent pas. La véritable question est ailleurs : les organisateurs de ce mouvement ont-ils pensé aux candidats du baccalauréat ? Ont-ils mesuré les conséquences d’une telle décision sur des jeunes qui, pour la plupart, ignoraient qu’ils rencontreraient de telles difficultés au premier jour des épreuves ?

Face à cette situation, certains élèves ont dû modifier leurs plans à la dernière minute et payer un taxi-moto à un tarif souvent exorbitant, tandis que d’autres ont parcouru plusieurs kilomètres à pied. Dans les rues, on pouvait voir des candidats arriver épuisés, en sueur, déjà éprouvés avant même d’entrer dans leur salle d’examen.

Vue de notre photographe : Une candidate marche en pleine rue le premier jour du baccalauréat.

Pour ces milliers de jeunes, cette journée n’a pas seulement été marquée par le stress inhérent aux épreuves du baccalauréat. Ils ont également dû affronter l’angoisse du transport, la peur d’arriver en retard et l’incertitude permanente. Une telle accumulation de tension peut avoir des répercussions psychologiques et nuire à leurs performances.

Cette situation révèle, une fois de plus, le profond déficit de coordination qui caractérise notre pays. L’État semble incapable d’anticiper ou d’encadrer ce type de paralysie lorsque des événements d’intérêt national sont en jeu. De leur côté, les grévistes paraissent avoir oublié que leurs revendications touchent aussi des milliers de jeunes dont l’avenir dépend, en partie, de ces examens.

Entrée des candidats en salle d’examen pour subir l’une des épreuves programmées pour le premier jour.

En Haïti, les élèves paient trop souvent le prix de crises dont ils ne sont pourtant pas responsables.

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