Jérémie : La Saint-Yves célébrée sur fond d’appel au respect de la dignité humaine

C’est par ces mots d’accueil, « Je vous souhaite à tous la bienvenue », que le chef de l’Église diocésaine a inauguré la cérémonie. Il a ensuite souhaité une bonne fête à toute la communauté de Jebo, qui honorait son saint patron, Yves Hélory de Kermartin, prêtre et juge ecclésiastique breton du XIVe siècle. Ces salutations s’adressaient également aux autorités départementales présentes dans l’assemblée, telles que la mairesse Yvrose Pierre Alexandre, le commissaire du gouvernement, les représentants judiciaires, le directeur de l’OPC, le haut commandement de la police locale, les membres des scouts du district, ainsi que la société civile et la presse.

Son Excellence Mgr. Joseph Gontrand Décoste au moment de l’aspersion des fidèles.

Dans son prêche, le père Frantzy Joseph, curé de la paroisse Sainte-Madeleine de Duchity, a tenu à amorcer sa réflexion par un questionnement. Il a demandé à l’assistance si la foi était incompatible avec la compétence intellectuelle ou la raison, et vice versa. L’officiant a vite précisé aux fidèles que la croyance spirituelle demeure un atout essentiel pour quiconque souhaite exceller dans son propre domaine d’expertise. Pour illustrer son propos, il s’est appuyé sur l’exemple d’Yves Hélory, lequel, malgré des études universitaires poussées en droit et en théologie, n’a jamais perdu sa confiance en Dieu.

Par ailleurs, après avoir dressé une brève biographie du juriste catholique, le prédicateur a mis en exergue la simplicité et la rigueur qui caractérisaient la vie de cet homme. Selon lui, le respect de la dignité humaine constituait la pierre angulaire de son action quotidienne. « Un prêtre et un avocat ont pour devoir de défendre les plus vulnérables », a martelé le révérend. Joignant le geste à la parole, il a lancé à l’assistance : « Nou dwe konn moun avan enterè pèsonèl yo ». Il a enfin fustigé l’hypocrisie qui ronge notre société actuelle, engendrant ainsi un climat de peur et de méfiance mutuelle.

De son côté, lors de son intervention, Me Roosevelt Charles a d’abord salué l’évêque Gontrand Decoste, avant de rappeler à l’audience que cette journée du 19 mai revêt une signification toute particulière pour la profession. Elle invite à méditer sur la mission sacrée consistant à défendre le droit, protéger les libertés fondamentales et faire triompher la justice. 

Me Roosevelt Charles, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Barreau de Jérémie.

Selon le bâtonnier, malgré la crise morale, économique et sociale à laquelle fait face le monde et particulièrement leur corps de métier, les hommes et femmes en toge demeurent les gardiens vigilants de l’État de droit et les défenseurs infatigables de la dignité humaine. Il conclut en assurant que le Barreau qu’il dirige, fidèle à sa tradition, s’engage à pérenniser ces nobles valeurs à savoir l’honneur, la discipline, la probité, l’indépendance et le respect des lois de la République.

En outre, cette journée commémorative a mis en lumière une autre facette mémorable : le 70e anniversaire de l’implantation de la paroisse dans la communauté de Jebo par le clergé, en 1956. 

Façade de l’église Saint-Yves de Jebo.

Pour couronner la messe, le curé des lieux, le Révérend père Jean Marie Bontemps, accompagné de l’ambassadeur Eliassaint, originaire de la région et membre du comité organisateur, ont clôturé le rassemblement par des mots de gratitude. Ils ont chaleureusement remercié tous ceux qui ont contribué à l’éclat de l’édition de cette année, tout en saluant la présence des prêtres, officiels, juristes et croyants ayant fait le déplacement.

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