Grand’Anse : Vers la mise en place d’un réseau départemental de la CNDDR

Autour de la table ronde rassemblant l’assistance, le délégué départemental, M. Paulemont Michel, a prononcé ses mots de bienvenue. Il en a profité pour clarifier le véritable rôle de son bureau, affirmant qu’il est prêt à accompagner toutes les instances étatiques, et tout particulièrement la CNDDR. Après avoir souhaité du succès aux échanges à venir, il a invité les participants à se présenter avant de céder la parole au Secrétaire général de la Commission, M. Mesguerre Saint-Pierre.

Ce dernier a d’abord laissé le soin à l’un des commissaires, M. Michel Jean Marie Leonidas, de faire le point, se réservant pour la suite. Pour M. Leonidas, l’objectif de cette démarche vise à mieux structurer cette nouvelle mouture de la CNDDR par rapport aux précédentes. S’il reconnaît l’urgence de résoudre le problème de l’insécurité, il estime qu’il faut d’abord commencer par Martissant. Outre la nécessité de recueillir les avis de tous les secteurs de la vie nationale, il s’avère crucial, selon lui, de comprendre l’origine du phénomène, là où tout a véritablement commencé.

Lors de son intervention, M. Mesguerre Saint-Pierre a retracé l’historique des différentes commissions de désarmement qu’a connues le pays. Ces entités ont été créées, mises en sommeil puis réactivées à plusieurs reprises, notamment en, 2006, 2019, relancées 2025 et remaniées en 2026 sous les gouvernements successifs pour faire face à la violence armée. L’actuelle structure est dirigée par trois membres : Mme Guerda Prévillon (coordonnatrice), M. Ilinor Louis et M. Michel Jean Marie Leonidas. Tous ont été nommés par arrêté en date du 20 mars 2026, dûment signé et publié au Journal officiel Le Moniteur. « Ils sont placés sous l’autorité directe du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé », a précisé le numéro un du secrétariat.

« Notre but est de parvenir à une paix et une cohésion sociale durables, tout en réduisant l’implication des jeunes et des enfants dans les groupes armés », a souligné M. Saint-Pierre. Pour ce faire, il est indispensable d’élaborer un plan d’action fondé sur les consultations menées auprès de l’ensemble des acteurs dans les différents départements.

D’après l’intervenant, la feuille de route s’articulera autour de plusieurs volets. D’une part, l’axe désarmement impliquera activement la police, l’armée, les forces de répression anti-gangs et toutes les institutions sécuritaires. D’autre part, concernant le démantèlement, il faudra trouver le juste équilibre « entre la carotte et le bâton ». Enfin, pour le pilier prévention et réinsertion, la commission devra analyser les mécanismes poussant les jeunes à intégrer la criminalité afin de mieux appréhender leur vulnérabilité. Sur ce dernier point, des organismes tels que l’IBESR, la Chambre de commerce de l’Ouest, l’UNICEF et l’OIM apporteront leur soutien.

En ce sens, la CNDDR a déjà déployé, particulièrement dans la région métropolitaine, onze centres d’éducation non formelle. Ces établissements s’attelleront à prévenir l’enrôlement des mineurs dans la violence, à offrir une réponse structurelle et communautaire, et à favoriser leur réintégration. Ils assureront également une prise en charge psychosociale, mèneront des plaidoyers en leur faveur.

Il convient de noter que plus de 800 jeunes, parmi les plus vulnérables inclusant ceux des rues identifiés et orientés par l’équipe de sensibilisation CNDDR, sont actuellement encadrés par ces structures. « Ils fréquentent les locaux le matin et regagnent leurs quartiers respectifs l’après-midi », a confirmé M. Saint-Pierre. Parallèlement, d’autres espaces similaires devraient voir le jour dans le Centre (Hinche) et l’Artibonite, deux grands foyers de violence armée. Pour rappel, ce programme d’éducation non formelle, animé placé sous le leadership de 11 acteurs communautaires est spécialement adapté aux besoins et aspirations des apprenants.

Toujours selon le secrétaire général, des centres de transit et d’orientation seront également créés. Ils offriront un accompagnement médical et psychosocial d’une durée de 3 à 6 mois aux enfants et jeunes anciennement recrutés par les gangs, en prélude à leur réinsertion globale.

Un dispositif alternatif a par ailleurs été pensé pour les jeunes ex-membres de groupes armés condamnés par la justice à des peines d’un à deux ans. Tout au long de l’exécution de leur peine, ils devront suivre un programme d’éducation adaptée à leurs besoins d’insertion et de réintégration. 

La rencontre s’est clôturée par une séance de questions-réponses et un riche échange de propositions entre l’assistance et les émissaires de la CNDDR. Au terme de ces discussions fructueuses, les participants sous la houlette du délégué départemental ont salué l’initiative et se disent à intégrer le réseau qui sera composé des différents secteurs du département. Ils ont validé à l’unanimité la désignation de Me Flavien Janvier en tant que point focal de la Commission dans la Grand’Anse.

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