À l’initiative de l’Hôpital Saint-Michel de Jacmel, en collaboration avec la Direction départementale sanitaire du Sud-Est (DDSE), une messe d’action de grâces a été célébrée ce mardi 12 mai 2026 à l’église Saint-Michel à l’occasion de la Journée internationale des infirmières, célébrée chaque année à la date de naissance de Florence Nightingale. Cette célébration s’est tenue autour du thème : « Nos infirmières, notre avenir, le pouvoir d’agir des infirmières sauve des vies ».
Une messe d’action de grâces à l’église Saint-Michel
La cérémonie a réuni plusieurs responsables sanitaires, médecins, infirmières et sages-femmes, ainsi que des étudiants issus de diverses universités et centres de formation en sciences infirmières de la ville, notamment l’Université Notre-Dame d’Haïti (UNDH), Lumière, Métropolitaine d’Haïti (UMDH) et d’autres institutions d’enseignement supérieur.
Dans son homélie, le révérend père Schneider Kerthy a exhorté les infirmières à continuer d’accompagner les malades avec sagesse, patience et charité malgré les difficultés rencontrées dans l’exercice de leur profession.

« Pou nou egzèse pwofesyon sa a, nou dwe mande Bondye yon kè dosil, yon kè pou renmen »
a-t-il déclaré.
Son message a particulièrement insisté sur la dimension humaine du métier infirmier, dans un contexte où les professionnels de la santé sont souvent confrontés au manque de ressources et à la surcharge de travail.
La directrice des soins infirmiers de l’Hôpital Saint-Michel de Jacmel, Louna Chery, a salué les infirmières pour leur courage, leur détermination et leur engagement quotidien auprès des patients. De son côté, le directeur médical de l’hôpital, le Dr Joseph Jean-Pierre, a adressé un message de reconnaissance à l’ensemble des professionnels de la santé. « Vous vous livrez corps et âme pour donner des soins, parfois dans des conditions difficiles », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé que la profession infirmière représente avant tout une responsabilité envers les malades et la société. « Être infirmier ou infirmière, ce n’est pas un privilège mais une responsabilité », a-t-il ajouté.
La cérémonie a également été marquée par des distinctions honorifiques remises à plusieurs infirmières et sages-femmes pour leurs années de service et leur contribution au système sanitaire dans le département du Sud-Est. Ces hommages ont constitué l’un des temps forts de cette célébration.
Une célébration parallèle à l’UNASMOH
Parallèlement à la messe organisée à l’église Saint-Michel, l’Université Américaine des Sciences Modernes d’Haïti (UNASMOH), campus de Jacmel, a organisé de son côté une activité spéciale dans ses locaux à Meyer (Jacmel) à travers sa Faculté des Sciences Infirmières (FSI). Selon la directrice de la FSI, Lovely M. F. Darius Placide, cette activité visait à encourager et valoriser la profession infirmière. Au programme : conférences-débats, échanges académiques et activités culturelles. Dans ce cadre, une conférence sur l’importance des infirmières a été animée par le Dr Ernest Désir, avant une prestation culturelle réalisée avec les étudiants.
Le coordonnateur général du campus de l’UNASMOH à Jacmel, Ernst Jean-Philippe, a encouragé les étudiants de la Faculté des Sciences Infirmières à continuer de travailler afin de maintenir le niveau d’excellence de l’institution dans le domaine des sciences de la santé. Il a également invité les futurs professionnels à faire preuve de discipline, de responsabilité et de professionnalisme dans leur carrière.

Au-delà des cérémonies, cette journée a aussi rappelé les nombreuses difficultés auxquelles les infirmières haïtiennes sont confrontées : manque de matériel médical, mauvaises conditions de travail, surcharge hospitalière, pression psychologique et faibles rémunérations. Malgré ces contraintes, les infirmières restent parmi les principaux piliers du système sanitaire haïtien.
À Jacmel, cette Journée internationale des infirmières a permis de reconnaître l’engagement de ces professionnels qui accompagnent quotidiennement les patients dans des contextes souvent difficiles. Mais derrière les discours de reconnaissance, une réalité demeure : les infirmières continuent de porter une grande partie du système de santé avec des moyens limités. Alors, les hommages annuels suffisent-ils réellement si les conditions de travail des infirmières continuent de mettre à rude épreuve celles et ceux qui sauvent des vies chaque jour ?

