André Déjean : une nouvelle disparition qui endeuille la musique haïtienne

La musique haïtienne perd l’un de ses artisans. André Déjean, trompettiste, compositeur et arrangeur, est décédé le vendredi 11 septembre 2026 en Floride, aux États-Unis, à l’âge de 75 ans. Sa disparition marque une nouvelle page douloureuse dans l’histoire d’une famille qui a profondément marqué le paysage musical haïtien.

Né le 8 août 1951, André Déjean a grandi au sein d’une famille où la musique occupait une place centrale. Il fait partie des musiciens associés à l’aventure des Frères Déjean, formation fondée à Pétion-Ville en 1963 sous le nom de « Frères de Pétion-Ville », avant d’adopter celui sous lequel elle allait s’imposer dans la mémoire collective.

À la trompette, André Déjean a contribué à façonner l’identité sonore de cette formation familiale, devenue l’une des références du compas et du mini-jazz haïtien. Son apport ne se limitait toutefois pas à l’interprétation. Compositeur et arrangeur, il participait également à l’élaboration du répertoire du groupe et à son évolution musicale.

Au fil de leur parcours, les Frères Déjean ont produit plusieurs albums marquants, parmi lesquels Haïti, Pa gain panne, International et Bouki ac Malice. Paru en 1977, ce dernier compte parmi les œuvres les plus connues de la formation, notamment grâce à des titres comme « Débaké » et « Arrêté ».

L’aventure musicale d’André Déjean ne s’est cependant pas arrêtée aux Frères Déjean. Au cours de sa carrière, il a collaboré avec plusieurs formations importantes de la musique haïtienne, dont Bossa Combo, Skah Shah, Magnum Band et, plus récemment, Nu-Look, aux côtés d’Arly Larivière.

Sa mort survient dans un contexte où la disparition progressive des grandes figures des premières générations du compas ravive la question de la transmission de cet héritage. Après Philippe et Camille, André est le troisième des frères associés à cette aventure musicale à disparaître.

Après Dieudonné Larose et Dadou Pasquet en 2025, la musique haïtienne perd ainsi une nouvelle figure de poids. Une génération s’efface peu à peu, mais son œuvre demeure : dans les archives sonores, dans les souvenirs et surtout dans ces mélodies qui continuent de traverser le temps.

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