Le vibrant plaidoyer de Charles Rose Esther Laurie au concours d’éloquence de l’IBESR

Dans le cadre des activités marquant le 36e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR) a organisé un concours d’éloquence mettant à l’honneur la jeunesse de la Grand’Anse. Sur Explicite NET, nous publions ici l’intégralité du texte présenté par l’élève Charles Rose Esther Laurie, du Centre d’Éducation de Danilou. À travers ses mots, elle livre une réflexion poignante et un appel à l’action autour du thème : « Ensemble, continuons à transformer la vie des enfants ».

« Laissez les petits enfants, ne les empêchez pas de venir vers moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » (Matthieu 19 :14)

« Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. » (Proverbes 22 :6)

Honorables membres du jury,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, Bonsoir.

Je suis Charles Rose Esther Laurie, élève en Nouveau Secondaire 1 au Centre d’Éducation de Danilou, et je porte ce soir la voix de mon institution.

En ce 36ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, je me tiens devant vous pour discourir sur un thème impératif : « Ensemble, continuons à transformer la vie des enfants. »

Pour éclairer notre réflexion, mon intervention s’articulera autour de cinq axes : le contexte actuel, les besoins fondamentaux de l’enfant, les obstacles à leur bien-être, les moyens de transformer leur vie, et enfin, le rôle qui nous incombe à tous.

L’enfance est le chapitre fondateur d’une vie. C’est l’instant précis où se construisent la personnalité, le savoir, les valeurs et la confiance. Malheureusement, trop d’enfants vivent encore dans la précarité : pauvreté, maltraitance, abandon, violences ou manque d’éducation. C’est pourquoi notre thème résonne aujourd’hui avec une urgence particulière.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les besoins de l’enfant se divisent en soins attentifs et bienveillants. Cela inclut l’alimentation, la santé, la sécurité et l’apprentissage. Ces piliers sont non négociables.

Ils ont besoin de sécurité affective, d’être protégés contre la violence, et de vivre dans un environnement stable, d’où l’importance capitale de l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR). Ils ont besoin d’éveiller leur esprit par le jeu, la danse, le sport, la poésie ; bref, par l’art et la culture.

Mais plus encore, un enfant a besoin d’identité. Il a besoin d’être valorisé, compris, et d’avoir quelqu’un à qui confier ses peurs. L’UNICEF nous rappelle d’ailleurs sans cesse que chaque enfant, même le plus défavorisé, a le droit de réaliser son plein potentiel.

Pourtant, parlons de la réalité. La notion de « besoin fondamental » pose question. De quoi un enfant a-t-il vraiment besoin pour être un sujet de droit ?

Une étude menée au Luxembourg en 2023 estimait les besoins de base d’un enfant à plus de 46 000 gourdes par mois. Ce chiffre, bien que lointain, met en lumière les inégalités socio-économiques mondiales. Plus près de nous, World Vision rappelait déjà que la jeunesse haïtienne représente plus de 50 % de la population. Nous sommes une force, mais une force en danger.

De nombreux enfants, ici même à Jérémie, font face au pire. Les violences familiales brisent leur santé mentale. La domesticité, ce fléau, les prive de jeu et d’école. La pauvreté vide leurs assiettes. Le manque de structures adaptées, les conflits familiaux ou les grossesses précoces sont autant de barrières qui hypothèquent leur avenir.

Alors, comment transformer leur vie ? Cela nous ramène à nos institutions.

La famille et l’école doivent éduquer. L’IBESR, l’UNICEF et les associations doivent protéger.

Mais il nous faut plus que des mots, il nous faut des actes :

  • Un accès réel et gratuit à une éducation de qualité.
  • Des centres de santé accessibles.
  • Des espaces sûrs pour les orphelins et les enfants en situation de handicap.
  • Un soutien psychologique et une éducation sexuelle adaptée.
  • Et surtout, l’application stricte des lois ! La loi de 2003 interdisant les abus, la Convention ratifiée en 1994, la loi de 1961 sur les tribunaux pour enfants. Ces textes existent ! Leur application rigoureuse est la clé pour stopper l’impunité.

Nous en avons assez des belles paroles ; nous exigeons des actions durables.

Transformer la vie des enfants, c’est investir sur le long terme. Comme le disait si bien Maria Montessori : « L’enfant est pour l’humanité à la fois un espoir et une promesse. En prenant soin de lui comme de notre trésor le plus précieux, nous travaillerons à faire grandir l’humanité. »

Au-delà des institutions, cette responsabilité est la vôtre.

Parents, soyez les premiers protecteurs.

Enseignants, soyez des inspirateurs.

État et ONG, faites appliquer les lois.

Et nous, les jeunes, soyons attentifs à nos camarades.

Soyons les gardiens actifs des droits de l’enfant. Nos engagements d’aujourd’hui scelleront le destin de toute une génération.

Continuons à agir, à éduquer, à sensibiliser. Car changer la vie d’un enfant, c’est changer le monde.

Ensemble, refusons l’indifférence. Bâtissons un monde plus juste, plus humain, et plus digne pour chaque enfant.

Merci.

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