Jérémie : Un pré-carnaval sous la pluie, les bandes à pied absentes et en grogne

Le dimanche 1er février, sous la pluie, la ville de Jérémie a connu son troisième dimanche pré-carnavalesque. Cette fois, en raison d’un manque de planification imputé à la Mairie de Jérémie par les responsables de groupes, les bandes à pied, véritables moteurs des festivités, ont brillé par leur absence. Explicite NET a tenté de comprendre les raisons de ce malaise.

« Il est déjà 3h p.m., je ne vois pas encore les bandes à pied, où sont-elles ? », s’interrogeait un épicurien, fan incontesté du genre. À 6h p.m., alors que la pluie s’invitait à la fête, toujours aucune trace des groupes.

Pourtant, tôt dans l’après-midi, les Jérémiens ont tout de même dansé. L’ambiance a été assurée par deux fameux « Back Up » (nom donné aux sound trucks), fidèles à leur réputation d’animation surchauffée, ainsi que par des mini haut-parleurs sur les trottoirs et l’animation du stand d’un média local.

Un post Facebook à l’origine de la grogne

Il semble que l’origine du désaccord vienne d’une publication Facebook d’un membre du comité organisateur. Ce message annonçait une réorganisation de la planification, précisant que pour ce dimanche 1er février, un défilé démarrerait de la rentrée sud jusqu’au centre-ville. Si l’intention était peut-être louable, la méthode a provoqué des grincements de dents au sein de l’Association des Bandes Rara de Jérémie (ASSOBARAJ).

Un carnavalier déguisé en “Nèg Mawon”, symbole de la résistance et de la lutte anti-esclavagiste en Haïti.

« Nous avons pris connaissance de cette soi-disant décision sur Facebook, sans que personne ne nous ait contactés. C’est vrai, nous avons reçu une lettre évoquant une éventuelle rencontre, mais le document ne mentionnait aucune date », précise Grégory Espérance, l’un des responsables de Fly Back, l’un des ténors des bandes à pied de la Cité des Poètes.

Une question de moyens

Interrogé sur ce conflit latent, M. Espérance rappelle les défis financiers. Mis à part les 250 000 gourdes attribuées à chaque bande à pied en 2025, c’est historiquement grâce à leurs propres cotisations et à leur détermination qu’ils assuraient l’ambiance sur le « béton » chaque dimanche. Il admet que par le passé, les autorités mettaient parfois à disposition une rare enveloppe de 50 000 gourdes. Il confirme toutefois que les groupes restent ouverts au dialogue pour une issue rapide.

La réponse du comité

Contacté par téléphone, un membre du comité ad hoc, souhaitant garder l’anonymat, affirme être au courant du problème : « Nous avons une rencontre avec tous les acteurs ce mercredi, nous allons en discuter. Mais ils savent très bien que l’enveloppe qui sera allouée à chaque groupe ne prendra pas en compte les activités pré-carnavalesques, mais seulement les trois jours gras. »

Une foule électrisée par les décibels d’un sound truck, communément appelé “Back-up”.

Pour rappel, selon un média en ligne local, un comité de sept membres a été formé depuis le 31 janvier 2026 pour prendre les rênes des festivités prévues les 15, 16 et 17 février. Le public attend cependant encore la publication officielle de l’arrêté nommant ces membres. Quoi qu’il en soit, il est dans l’intérêt de tous de voir le retour rapide des bandes à pied sur le pavé jérémien.

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