En référence à la position du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), exprimée par le biais du Conseiller Lesly Voltaire qui a déclaré à haute et intelligible voix que le Conseil partira le 7 février prochain, la surprise fut générale. Ce dernier a étonné tout le monde avec sa proposition de “Triumvirat” composé de M. Voltaire comme Président, de M. Charles Tardieu comme membre, et d’un juge à la Cour de cassation comme troisième membre.
C’est à la fois un choc et une surprise pour le pays tout entier. De surcroît, les éminentes personnalités ont déclaré que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé conserverait son poste. Quelle est cette affaire ? La République est devenue un champ d’expérimentation où tous ceux qui veulent tester leur produit peuvent venir sans crainte d’être contredits, pourvu que cela satisfasse un quelconque intérêt.

Pire encore, le président dominicain, sans aucune gêne, pense pouvoir profiter de ce carnaval pour prendre sa revanche sur Haïti. Cette attitude découle d’une haine virale de certains Dominicains contre les Haïtiens, fondée sur la croyance erronée que nous les avons occupés pendant vingt et un ans. Qu’ils se renseignent auprès de leurs propres historiens : ils leur confirmeront que c’est faux.
Ce que nous, Haïtiens, souffrons aujourd’hui, ils le subissent à l’époque. C’est eux qui ont appelé le général Jean-Pierre Boyer, Président d’Haïti, pour venir mettre de l’ordre chez eux, car leurs intellectuels et politiciens ne s’entendaient pas et causaient du tort à leur pays. Boyer, homme fort et rigide, a répondu positivement.

Après s’être renseigné et avoir enquêté, il a pris les mesures nécessaires pour instaurer la paix en République Dominicaine, notamment en fermant l’université considérée alors comme le foyer de la révolution. Il est resté pour les aider à se structurer, les former et les canaliser pour diriger leur pays. Ce qui fut une aide est devenu pour nous une rigoise (source de rancœur) aujourd’hui. Ils pensent prendre leur revanche, ignorant que les situations ne se répètent pas à l’identique dans l’histoire.
Cependant, vous, Dominicains, bénéficiez de diverses façons d’Haïti à cause de la myopie politique de nos dirigeants. L’incapacité de nos frères haïtiens à s’unir pour gérer le pays, à réformer l’État, à organiser la vie intérieure, à imposer la loi et à sécuriser le territoire est flagrante. Ils refusent de comprendre qu’un système est un ensemble organisé de relations liant les individus au sein d’une société. Cela inclut les systèmes éducatifs, politiques et sanitaires qui structurent les interactions et le bien-être collectif.

Photo : Radio-Canada / Benoît Roussel
C’est pourquoi vous bénéficiez tant des Haïtiens, que vous devriez aimer et chérir, mais qu’au lieu de cela, vous maltraitez. Face au refus de nos dirigeants de développer une culture de l’amour et de travailler conjointement pour sortir le pays de sa léthargie, ils préfèrent se battre pour s’enrichir et partir vivre sous d’autres cieux, laissant le peuple s’entredéchirer. Voilà la réalité qui vous offre une main-d’œuvre bon marché, nos jeunes sans université et nos malades sans hôpitaux. Cela ne vous suffit-il pas ? Alors essayez, on vous attend.
Peuple Haïtien, le GROUPE DE RÉFLEXION SUR HAÏTI savait que nous en arriverions là. C’est pourquoi il a présenté au public le document de sortie de crise, en vue d’éviter au pays les catastrophes politiques qui, comme une épée de Damoclès, sont suspendues au-dessus de nos têtes. Malheureusement, nos hommes politiques ont un bandeau sur les yeux qui les empêche de voir clair.
Or, la violence n’est pas une option. On peut changer les choses, non pas en brisant les règles, mais en cherchant à comprendre les autres à travers une approche plus humaine, plus efficace et plus juste. L’Haïtien a besoin de retourner aux sources pour comprendre qu’il n’y a rien de tel que l’amour. Comme l’a dit l’autre, l’amour n’a pas besoin d’ADN. Nous avons tous besoin d’un cœur pour aimer et aider les autres à grandir par des actions positives capables de transformer notre environnement.
Arrêtez vos bévues. Vous êtes en train de détruire le pays par vos comportements maladroits et vous faites passer les Haïtiens pour des incapables. Nous pouvons faire mieux. Les quarante années écoulées nous ont montré que le pays fait face à un problème d’hommes, et plus particulièrement d’hommes d’État. Ceux qui croient avoir des solutions toutes faites pour les imposer ont échoué piteusement et font face à de sérieux problèmes politiques de leur côté. Qu’ils nous laissent tranquilles et regardent dans leur propre assiette, bien que nous ne rejetons pas la coopération, pourvu qu’elle se fasse dans le respect des normes internationales.
Que Dieu protège et bénisse HAÏTI.

