Le vendredi 10 avril 2026, s’est déroulé le lancement officiel de CONFORH à Jérémie, dans les locaux du Centre Mariste. Selon les responsables, cette confédération d’organisations féministes se crée en réponse aux exactions effrénées exercées contre la gent féminine et aux actes de marginalisation qui portent atteinte aux femmes rurales.
Sous le leadership de Madame Roselore Aubourg, cette grande première a réuni des associations de femmes provenant des dix départements du pays et de grandes figures publiques qui ont fait sienne la lutte pour l’émancipation des femmes rurales. Autorités, jeunes, membres de la société civile et de la presse locale ont pris part au lancement officiel.

Dans cette dynamique, l’initiative s’inscrit dans une volonté de regrouper les femmes pour parler d’une seule voix : « Peu importe nos origines, on ne saurait être mises à l’écart, car c’est sur nos têtes et à la force de nos bras qu’on approvisionne les villes. » Tel est l’un des nombreux messages forts délivrés lors des différentes allocutions prononcées pour la circonstance.
Dans une atmosphère chaleureuse, avant même les mots d’ouverture, la fougue des mères battantes, la dextérité et l’énergie infaillible des femmes envahissaient déjà la salle. Sourire aux lèvres, les mains levées, elles ont déambulé sous la cadence des baguettes et des battements de tambour du groupe de rara « Lafyèv Ginnen », présent pour l’occasion, en réclamant le respect et la reconnaissance qui leur sont dus.
Dans son discours de circonstance, Madame Aubourg a plaidé en faveur d’une pleine implication des femmes rurales dans les centres de décision qui les concernent. « Quand il s’agit de discussions sur le pouvoir, sur leur avenir, elles n’ont pas été appelées. Nos actions visent à encadrer, à soutenir, à plaider pour une meilleure prise en charge des femmes rurales. Ce sont des humains aussi », a déclaré Mme Roselore Aubourg, membre fondatrice de la confédération, qui plaide également pour que ces dernières aient accès au crédit auprès des banques.
De son côté, le coordonnateur national du Conseil National de la Société Civile Ayitienne (CNSCA), Joseph Domingue Orgella, invité d’honneur du lancement, s’est dit honoré de faire partie de ce combat en tant qu’homme. Selon lui, cette lutte vise l’émergence du leadership féminin aux plus hautes sphères de l’État. « Nous voulons des femmes honnêtes, compétentes et patriotes », argumente-t-il. Ce qu’il qualifie de triangle d’or qui empêchera toutes les futures autorités de s’adonner à des pratiques anti-haïtiennes.

Questionnée par Explicite NET, la native des Nippes, entrepreneure et candidate au Sénat, Marie Carme Cinéas, présente lors de la cérémonie, n’a pas hésité à faire le point sur l’idéal de CONFORH. « Notre vision, c’est de faire en sorte de retirer les femmes rurales de ce carcan ou de cette misère dans laquelle elles se trouvent. Pour ce faire, elles ont besoin de leaders pour faire passer le message et rappeler au monde que ces actrices sont la clé pour développer une bonne politique publique de sécurité alimentaire. Un pays ne peut pas se permettre de négliger ces femmes », a conclu la secrétaire générale de ladite confédération.
Dans la foulée, Pintro Pierrette, membre de l’Association des Femmes Éduquées pour le Développement de la Grand’Anse (AFEDGA), consciente de la marginalisation de ses paires dans la vie publique du pays, dit vouloir contribuer à cette démarche ; à savoir faire entendre la voix des femmes, d’où sa présence au Centre Mariste de Jérémie.

Pour répondre à l’objectif de la journée, une marche réunissant toutes les 165 organisations faisant partie de la confédération a parcouru plusieurs artères du centre-ville de la Cité des Poètes, avant de se donner rendez-vous très bientôt.
En tout cas, ces femmes qui ont répondu à l’appel de cette journée montrent qu’elles sont des ouvrières dans l’ombre, des vaillantes qui luttent au jour le jour pour alimenter les foyers. Le lancement de CONFORH marque le début d’une quête qui invite toute personne à affûter sa vigilance à l’égard de toute action insidieuse visant à saper leurs réalisations, ou à l’encontre de tout acte tendant à piétiner la dignité fondamentale des femmes rurales. Un message qui prend tout son sens dans une société en proie à l’idéologie machiste.

