Dans un monde où les personnes noires sont souvent perçues comme inférieures par des idéologies liées à la suprématie blanche, connaître son histoire devient un acte de résistance, de déconstruction et de reconstruction. Il est essentiel de se souvenir de celles et ceux qui ont lutté, parfois au prix de leur vie, pour affirmer une vérité fondamentale : les personnes noires sont égales en dignité et en droits.
Transmettre ces récits n’a pas pour but de véhiculer la haine, mais de corriger une mémoire collective biaisée et de rappeler que les inégalités actuelles s’enracinent dans des systèmes historiques précis. Rendre visibles ces luttes permet de déconstruire les discours racistes tout en offrant des repères solides aux générations présentes et futures. C’est dans cette nécessité de comprendre les mécanismes de domination et de résistance que s’inscrit l’histoire du Black History Month, né comme une réponse concrète à l’effacement des mémoires noires.
L’historicité du Black History Month
Le Black History Month trouve son origine aux États-Unis au début du XXᵉ siècle, dans un contexte où l’histoire enseignée dans les écoles ignorait largement les contributions des Afro-descendants. En 1926, l’historien afro-américain Carter G. Woodson initie la Negro History Week. Son ambition est claire : réparer l’effacement historique en réinscrivant les personnes noires dans le récit national et mondial.

Cette semaine est volontairement organisée en février, en référence aux anniversaires d’Abraham Lincoln et de Frederick Douglass, deux figures majeures de la lutte contre l’esclavage. Avec le temps et sous l’impulsion des mouvements pour les droits civiques, cette initiative gagne en ampleur. En 1976, elle est officiellement reconnue par l’État américain et devient le Black History Month.
Depuis, cette commémoration s’est étendue à d’autres pays, notamment le Canada et le Royaume-Uni, chacun l’adaptant à son propre contexte historique. Partout, l’objectif reste le même : réhabiliter des récits longtemps marginalisés et renforcer la conscience collective.
Se souvenir pour analyser, non pour se victimiser
Répéter l’histoire du passé n’est pas un acte de victimisation. C’est un outil de compréhension et d’évaluation. Se situer dans un cadre spatio-temporel permet de mesurer les évolutions sociales, d’identifier les progrès réels, mais aussi de constater si certains schémas de domination se répètent sous d’autres formes.Dans cette perspective, le Black History Month ne se limite pas à la commémoration. Il constitue une solution éducative et culturelle face aux discriminations raciales, en transformant la mémoire en levier de réflexion, de dialogue et d’émancipation.

