À l’occasion de la célébration du 223e anniversaire du drapeau haïtien et du centenaire de la fête du bicolore instaurée en 1926 par l’ancien ministre de la Justice Timothée Paret, la ville de Jérémie a vibré, ce 18 mai, au rythme d’une parade patriotique exceptionnelle organisée au parc Saint-Louis.
Une grande estrade réunissait les membres du comité du 18 Mai, le délégué départemental de la Grand’Anse, les maires, le commissaire du gouvernement ainsi que plusieurs personnalités politiques et de la société civile. Des écoles classiques et professionnelles, des groupes culturels et des organisations comme la Croix-Rouge, les Scouts d’Haïti, les Kiro et plusieurs autres structures ont pris part à cette grande manifestation patriotique et culturelle.
Mme Rose Emmeuline Raphaël Lagrenade, présidente du comité du 18 Mai, a ouvert officiellement la cérémonie en rappelant l’importance historique et symbolique du drapeau haïtien. Dans son intervention, elle a insisté sur la nécessité de retracer le symbolisme du bicolore et l’esprit d’union né de la cérémonie du Bois-Caïman. Elle a exhorté la population à mettre de côté les divisions afin de suivre les traces des ancêtres ayant combattu pour la liberté et l’indépendance du pays.
« Menm jan ak grenadye yo, ann nou flote drapo a pi wo », a-t-elle lancé devant un public enthousiaste.

Le représentant du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC), Daniel Aristil, a pour sa part qualifié le 18 Mai d’une « date écrite en lettres d’or dans l’histoire d’Haïti ». Il a souligné que la jeunesse demeure la principale richesse du pays, tout en lançant plusieurs messages en faveur de l’éducation et des loisirs pour les jeunes.
« Jenès la bezwen lekòl. Jenès peyi a bezwen lekòl », a-t-il déclaré, adressant un appel au ministère de l’Éducation nationale. Il a également plaidé pour davantage d’espaces de loisirs et a dénoncé l’absence d’un directeur au MJSAC depuis trois ans.
Pour sa part, le maire principal de la ville de Jérémie, Ronel Jacinthe, a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence en mémoire des ancêtres ainsi que du regretté commandant Jean Saint-Fleur, salué pour son implication dans l’organisation des festivités patriotiques dans la ville. Dans son discours, il a appelé la population à l’unité et à la solidarité autour du mot d’ordre « Tèt ansanm », avant de conclure avec son fameux slogan : « Mwens pawòl plis aksyon ».

De son côté, le délégué départemental de la Grand’Anse, Paulémont Michel, a également pris la parole pour inviter les citoyens à marcher dans les pas des ancêtres ayant bâti la nation haïtienne dans l’unité et le courage.
Au total, douze groupes et quatorze établissements scolaires ont défilé au parc Saint-Louis à travers des prestations culturelles, des poèmes patriotiques et des chansons de circonstance célébrant le drapeau national et les héros de l’indépendance.
L’un des faits marquants de cette édition reste la forte mobilisation de la population. Après le décès du commandant Jean Saint-Fleur, c’est pour la première fois que le parc Saint-Louis a accueilli une foule aussi importante lors des célébrations du 18 Mai. Le public a massivement répondu à l’appel des organisateurs dans une ambiance de ferveur patriotique et de rassemblement national.

Au-delà des discours et des festivités, cette célébration du 18 mai 2026 restera marquée par la mémoire d’un homme dont l’engagement patriotique continue d’inspirer une partie de la population jérémienne. À travers cette forte mobilisation populaire, Jérémie semble avoir adressé un message clair : le souvenir du commandant Jean Saint-Fleur demeure vivant dans la mémoire collective.

