Grand’Anse : Élections en vue, le CEP mise sur une presse mieux formée

En effet, le lundi 3 mai 2026, les professionnels de la presse du département de la Grand’Anse ont bénéficié d’une formation de trois jours portant sur la gestion de l’information en période électorale. Pour ladite région, dans les locaux de Carl Edward Peters, plus d’une trentaine de journalistes issus de la presse numérique et traditionnelle ont répondu présent.

Cette initiative concerne neuf (9) des dix (10) départements du pays ainsi que trois communes de la région des Palmes. Une démarche qui intervient à un moment où le rôle des médias devient plus déterminant que jamais.

Face à une catégorie de journalistes de plus en plus attirés par le sensationnalisme, la quête de visibilité rapide et les prises de position partisanes plutôt que par l’information dans son sens le plus rigoureux, le métier semble se perdre dans un imbroglio médiatique qui piétine les règles éthiques et déontologiques de la profession.

Cette image offre une vue de la salle lors du premier jour de la formation.

Dans un contexte électoral où les risques de manipulation de l’opinion publique sont élevés, le CEP semble vouloir anticiper. Dès la première journée de la formation, les formateurs ont abordé la thématique : « Médias entre éthique et déontologie ». Dans un climat fidèle à l’esprit du journalisme, les échanges ont été particulièrement nourris. L’une des principales exigences rappelées aux journalistes au cours de cette formation concerne l’obligation de vérifier les faits avant toute publication. Le phénomène des rumeurs, très fréquent en période électorale, représente un danger majeur pour la stabilité sociale et politique.

Durant la formation, les participants ont longuement débattu de la question de la désinformation et des mécanismes de fact-checking. La vérification des faits apparaît désormais comme un outil indispensable dans le travail journalistique. Les formateurs ont insisté sur l’importance, pour les journalistes, de croiser leurs sources, de consulter des documents officiels, et de vérifier les images et vidéos circulant sur les plateformes numériques.

Les déplacés internes au cœur des priorités du CEP

Dix ans après les dernières élections organisées dans le pays, la maîtrise des notions de base et de la terminologie électorale représente un terrain relativement méconnu, autant pour les nouveaux praticiens du métier que pour certains anciens. Parmi les différents modules abordés lors de cette formation, une thématique a été spécialement consacrée à la compréhension du processus électoral. Cette session a été présentée par le porte-parole même du Conseil, M. Kenly Vilsaint, qui a exposé les différentes étapes du processus électoral ainsi que les nouvelles mesures envisagées afin de répondre à la situation des milliers de déplacés internes.

La formation résumée en images.

L’organe électoral affirme vouloir mettre en place des mécanismes permettant aux déplacés internes de participer au scrutin malgré leur situation précaire. Toutefois, plusieurs journalistes ont soulevé des interrogations sur la faisabilité réelle de ces mesures dans le contexte actuel.

L’autre aspect abordé lors de la formation concerne la communication en période électorale au regard de l’égalité de genre. Les médias jouent un rôle déterminant dans la représentation des femmes dans l’espace public et politique. Les formateurs ont insisté sur la nécessité d’un traitement médiatique équitable entre les hommes et les femmes durant les campagnes électorales.

Si la tenue des élections dans le pays demeure encore incertaine à bien des égards, œuvrer pour l’instauration d’un gouvernement démocratique ainsi que pour une presse plus responsable et mieux formée reste la responsabilité de tous, et plus particulièrement celle de chaque institution, quelles qu’en soient la nature ou la mission.

Les journalistes se sont montrés attentifs aux explications des formateurs.

Cette initiative du CEP peut être interprétée de différentes manières. Certains y verront une stratégie visant à préparer l’opinion publique au retour du processus électoral, tandis que d’autres considéreront cette démarche comme une nécessité dans un contexte où le journalisme haïtien fait face à de nombreux défis professionnels et éthiques.

Quelles que soient les différentes interprétations ou positions adoptées, il demeure essentiel de renforcer les compétences des journalistes afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir, de médiateurs sociaux et de défenseurs du droit à l’information.

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