Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), appuyé par l’Institut haïtien des droits de l’homme (IHDH) et avec l’accompagnement de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), a organisé un séminaire de deux jours à Jérémie, au local Carl Edward Peters, les 27 et 28 avril 2026. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une série d’activités visant à renforcer les capacités des organisations de la société civile, des travailleurs de la presse et des organisations non gouvernementales dans la lutte contre la corruption.
Cet atelier portait sur l’utilisation des outils modernes de collecte de données via des plateformes numériques, en particulier KoboToolbox et l’application mobile KoboCollect. Pas moins de quinze (15) organisations de la société civile ont pris part à ces journées riches en échanges. Cette démarche leur permet de faire face aux importantes lacunes qui persistent en matière de collecte d’informations. Face au développement des technologies numériques, l’utilisation de logiciels spécialisés est devenue incontournable pour assurer une réalisation rapide et structurée des enquêtes.

Ce nouveau cycle fait suite à un premier volet réalisé en mai 2025, qui avait posé les bases de l’audit social. Ces assises approfondissent la dimension technique en mettant l’accent sur la conception d’outils de collecte de données probantes pour analyser l’impact des malversations, alors qu’Haïti stagne au 172e rang mondial selon Transparency International.
En effet, s’il n’est pas de société qui n’ait été touchée par la corruption, il en existe néanmoins certaines où ce phénomène atteint un niveau critique et nécessite des actions urgentes. Haïti, par ses conditions économiques et sociopolitiques, n’échappe pas à cette réalité ; un fléau que les instigateurs de ce projet s’efforcent de combattre.
Lutte contre la corruption : la société civile et la presse formées à la collecte de données numériques à Jérémie
— Explicite NET (@ExpliciteNET) April 29, 2026
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Au cours de ces deux journées, les représentants des 15 organisations présentes ont appris que la lutte contre la corruption repose avant tout sur la qualité des informations recueillies. Les intervenants ont insisté sur la distinction entre les données primaires, collectées directement sur le terrain, et les données secondaires, issues de rapports officiels. Un accent particulier a été mis sur l’échantillonnage, une technique cruciale permettant d’obtenir une image fidèle de la population étudiée tout en réduisant les coûts et le temps de recherche.
Au fil des sessions, les participants ont appris à maîtriser l’écosystème KoboToolbox, une plateforme libre utilisée mondialement pour la gestion de données d’enquête. Ils ont également été initiés à la norme XLSForm, qui permet de créer des questionnaires complexes via Excel.

L’application mobile KoboCollect, quant à elle, permet aux enquêteurs de récolter des informations sensibles, d’intégrer des preuves multimédias (photos, sons) et d’enregistrer des points GPS. Conscients des risques liés aux travaux portant sur la corruption, les organisateurs ont intégré un module sur le cadre éthique et sécuritaire. L’auditoire a ainsi appris à configurer des mots de passe d’administration et à restreindre l’accès aux paramètres de l’application pour protéger l’intégrité des données et l’anonymat des sources.
À l’issue de cet événement, les acteurs de la société civile de la Grand’Anse repartent avec une expertise technique renforcée. Comme l’a souligné le représentant de l’Office de la Protection du Citoyen, Me Mackenzy Pierre, cette maîtrise technologique n’est pas qu’une simple mise à jour pour manipuler un logiciel : c’est un pas de géant vers une culture de la donnée et de la transparence, indispensable pour redresser la trajectoire sociopolitique d’Haïti.

