Le dimanche 5 avril, le groupe musical vaudou appelé Nanm a marqué ses quatre années d’existence lors d’une célébration haute en couleurs au Centre Culturel du Brésil en Haïti. Entre rituels symboliques, performances artistiques et communion spirituelle, l’événement s’est imposé comme un moment fort de valorisation du patrimoine haïtien.
Dès l’entrée, le ton était donné. Des vèvès soigneusement tracés rendaient hommage aux lwa, notamment Ogou, Erzulie Dantò, Erzulie Freda, Danmbala, Marassa et Agwe. Bien au-delà d’un simple élément décoratif, ces symboles inscrivaient la célébration dans une dimension spirituelle, invitant les entités à prendre part à ce moment de festivité.

L’ambiance s’est rapidement installée grâce à une ouverture énergique assurée par Silibo Band, qui a su électriser le public au rythme du rara. La soirée s’est poursuivie avec les prestations du groupe Cesoha, dont les danses brésiliennes ont apporté une touche interculturelle, témoignant des liens profonds entre les expressions artistiques afro-descendantes.
Très attendu, le groupe Nanm a ensuite fait son apparition sous les acclamations d’un public venu de divers horizons. Leur performance, à la fois musicale et symbolique, a confirmé leur positionnement comme acteur engagé dans la valorisation du vodou à travers l’art.

La célébration a été marquée par l’apparition surprise d’Erold Josué, figure emblématique du vodou en Haïti. Sa prestation, brève mais significative, a renforcé la portée spirituelle et culturelle de l’événement.
Au-delà de l’aspect festif, cette soirée a porté un message clair : le vodou ne saurait être réduit aux stéréotypes qui l’entourent. Il constitue un héritage ancestral, une mémoire collective et un vecteur d’identité.

À travers cette célébration, Nanm a rappelé que cette tradition reste un espace de rassemblement, capable de réunir les Haïtiens autour de valeurs communes, entre transmission, fierté et reconnaissance culturelle.

