La musique haïtienne est en deuil. André « Dadou » Pasquet, l’un des guitaristes les plus brillants et les plus novateurs qu’Haïti ait connus, est décédé ce 23 novembre à l’âge de 72 ans, après avoir courageusement affronté une longue maladie. Entouré des siens lors de ses derniers instants, il laisse derrière lui une œuvre immense et un héritage qui continuera de vibrer dans le cœur de plusieurs générations.
Né le 19 août 1953, Dadou Pasquet a marqué l’histoire dès ses débuts fulgurants au sein du Tabou Combo dans les années 1970. Aux côtés de Shoubou et d’Yvon « Biassou », il forma un trio vocal inoubliable et contribua, comme guitariste, compositeur et arrangeur, à des albums devenus emblématiques. Son jeu de guitare, précis, rapide et chargé d’émotion, a très tôt imposé sa signature.
Guitariste surdoué, repéré par de grands maîtres tels que Raymond Sicot ou Raoul Guillaume, il franchit une nouvelle étape en fondant le Magnum Band le 24 juin 1976. Ce groupe, qui devint une institution, fut le terrain d’expression d’une créativité unique : fusion de konpa moderne, jazz, funk, rythmes caribéens et textes profonds.

Avec des classiques comme « Eksperyans », « Chèche lavi », « Jehovah », « San frontyè » ou encore « Kongo nan vodou », Dadou Pasquet a façonné un son reconnaissable entre tous, animé par le célèbre « thiaka-thiaka » de sa guitare.
Au-delà du musicien d’exception, Haïti pleure aujourd’hui un homme humble, dont la douceur contrastait avec l’énergie volcanique de sa musique. À travers ses compositions, il n’a cessé d’exprimer les tourments et les espoirs du peuple haïtien, offrant, écoute après écoute, une parcelle de lumière.

Son départ laisse un vide immense, mais son œuvre demeure indestructible. Dadou Pasquet restera l’un des architectes du son haïtien, un créateur visionnaire, un artiste respecté ici comme dans la diaspora.
Paix à son âme. Que sa musique continue de jouer. Bon voyage, Dadou

